3 : Perspectives cavalières
On leur a montré où était le camping. Ils n'étaient pas à côté de nous. Ils étaient même assez loin. Mais bon, moi j'y ai pas été (j'ai vu ça plus tard). Rapha et moi, on a été faire des courses, puis on est passé chez lui. Oui, il habite ici, ce qui est bien pratique pour tout un tas de trucs, comme le frigo, par exemple. Les courses, c'est pour demain soir, car il y a une petite fête qui s'organise, sur une plage. Erwan et Sacha nous on rejoint. Ils faisaient une tête moyen. Ils nous ont expliqué qu'ils avaient invité les gars à la fête... sans trop savoir si on allait être d'accord. Moi j'ai dit que ça allait leur faire de la concurrence, pour les filles, mais Sacha a répondu qu'aucun n'était un beau blond comme lui, et qu'il devrait y en avoir pas mal (de filles). « Et pas mal de pas mal... » a-t-il rajouté.
Il a changé, Sacha. L'an dernier, ça l'intéressait pas. Mais l'an dernier, il avait un an de moins. Et il en a un de moins que nous, aussi. Bref, Sacha s'intéresse aux filles. Oh, c'est pas tellement que j'ai espéré qu'il soit gay comme moi, et qu'on se plaise, car ça aurait été sans doute une source d'emmerdements plutôt qu'autre chose – surtout vis-à-vis des deux autres, ça aurait fait des clans. Et si on avait cassé, là ça aurait été un vrai bordel. Mais bon, je sais même pas pourquoi je te dis ça, vu que c'est pas le cas, et puis c'est tout. Sans doute parce qu'il est vraiment mignon, Sacha, quand même...
J'étais partagé sur la venue de ce groupe à la fête. Bon, le principe des fêtes, c'est d'être ouvert ; mais ouvert à tous les gens cools. Or je pouvais pas m'empêcher de penser que ça pouvait être des racailles, et qu'il pourrait y avoir des problèmes, voire de sérieux, surtout avec les filles. Je sais, c'est des préjugés, mais on peut pas s'empêcher de les avoir. Et il n'empêche que prudence vaut mieux qu'inconscience.
D'un autre côté, il allait y avoir forcément ce gars... ce garçon, ce keum, cet homme. J'ai déjà dit qu'il faisait jeune, de tête, mais ça m’empêchait pas de le voir déjà direct comme un homme. Ça veut pas dire un vieux (un adulte), mais comme un mâle à 100%, et qui le serait avec moi, si jamais... Là, je me suis dit que je rêvais – et c'était le cas. Je sais pas pourquoi, mais je le voyais pas du tout de ce genre-là (le mien).
Outre sa très belle gueule, son corps aussi avait l'air attrayant. C'est d'ailleurs impressionnant comme on est sensible au moindre aspect caractéristique du sexe qui nous attire. Au collège, le duvet sur la lèvre supérieure ou les déraillements de la mue me faisaient chavirer... Or, si je trouvais ça intéressant, c'est juste parce que mon inconscient naturel décodait cela comme autant de signes de maturité sexuelle. Cela ne m'a pas empêché, avant la puberté, d'être intéressé par des garçons, mais c'était une inclination sans autre objet qu'aimer leur présence – surtout rapprochée ! sans que j'ai pu imaginer pour autant grand chose d'autre à leur proposer que ce qu'ils font tous : s'amuser entre eux. C'était déjà un beau programme, et il le deviendra encore plus en grandissant, lorsque les jeux en question pourront se diversifier et se spécialiser à deux partenaires...
Mon partenaire de cœur et de rêves, il était certainement à des années lumière de se douter de l'émoi en moi qu'il avait suscité. J'imagine mal que le monde homosexuel puisse avoir la moindre place dans son univers à lui, où l'hostilité (parfois très violente) envers nous est la norme. Alors, bien sûr qu'il y a des gays dans ces quartiers et cités, mais pas au grand jour, parce que pour eux, là-bas, c'est la nuit. Je ne stigmatise personne, je dis un fait. C'est pour ça que j'ai voulu m'affirmer devant eux avec mon petit bracelet rainbow. Pour le coup, je me suis senti fier – ce qui n'est pas mon genre, pour le fait d'être gay, car on n'a pas à être fier de ce qu'on est, mais (éventuellement) de ce qu'on a fait !
Et qu'est-ce qui a fait que ce gars-là soit aussi merveilleux à mes yeux ? Il n'est (heureusement) pas parfait... Il a le même nombre d'yeux, de mains, de bite que les autres ! mais ce sont ses yeux à lui où je souhaite me dissoudre à les regarder en face, longtemps ; ce sont ses mains à lui dont j'ai envie qu'elles me saisissent vigoureusement et me soulèvent de leur force ! c'est sa bite à lui dont je veux sentir en mon for intérieur la pleine amplitude, et mesurer l'intensité du plaisir et du jouir qu'elle est capable de provoquer par le dynamisme de son mouvement, emportant toute raison sur son passage.
Il est peut-être un peu plus petit que moi, mais plus costaud, surtout des épaules et avec de belles fesses bien rebondies. Je sais que les filles sont sensibles à ça, autant les épaules solides que les fesses marquées et fermes, et j'y suis sensible aussi. Moi, je suis pas chétif, faisant pas mal de sport finalement – enfin, plus à la belle saison, car ce sont essentiellement des sports nautiques. Bref, j'ai pas de gras, mais pas des muscles de ouf non plus. Lui, on voit qu'il est robuste. Et c'est là, spontanément, que je l'ai imaginé aussi robuste de la bite... Ben oui, moi je suis pas gay pour mouiller ma culotte devant telle ou telle chanteuse – ceci dit sans critiquer personne ! chaque homo est comme il est, et ça me va. En fait, je suis gay d'abord et avant tout parce que j'aime les bites1 – ce que n'ont pas (jusqu'à plus amples informations) les chanteuses dites icônes gays.
Tant qu'à être fan, je préfère avoir des vapeurs pour un gars. Jaden Smith, par exemple. D'ailleurs, c'est le seul black pour qui j'ai un faible – enfin : j'avais, parce qu'il y en a un autre, maintenant, et pour qui j'ai un fort ! Ce qui n'empêche que Jaden est vraiment beau et très talentueux, je trouve. Bon, au cinéma, à part « Karaté Kid », c'est pas trop ça, mais il est aussi (surtout) chanteur et j'aime beaucoup son style, sa personnalité et sa créativité. En plus, humainement, c'est un type bien. J'aime aussi comment il s'habille, très fashion mais pas artificiel ; du sophistiqué cool, quoi. Même s'il est plus vieux que moi (de 4 ans) et que je préfère une pas trop grande différence d'âge (deux ans, au max), j'avoue que je l'aime bien ce mec.
Pour son collègue (plus dans mes environs) – dont je ne connaissais même pas le prénom – je ne puis cependant pas dire si vite que je l'aime (tout court), mais que j'éprouve du désir pour lui, certainement. Pas juste une simple attirance comme on peut en avoir vingt en une demie heure en terrasse, mais un vrai crush. Ça fait que je pense à lui tout le temps, en me repassant mentalement toutes les images que j'ai de lui en mémoire. Et c'est clair que j'en veux d'autres ! et en 3D... lorsqu'il sera là, en chair et en os (et en sexe), et que j'aurai un réel plaisir à le revoir. Or j'en aurai peut-être moins, voire plus du tout, si c'est pour le voir être dragué par des chaudasses ; ou pire : le voir, lui, draguer telle ou telle bonasse... Hélas, c'est une possibilité récurrente, chez les hétéros. Franchement, j'aurai du mal. Il y a des limites ! car c'est du plaisir que je veux, pas souffrir.
En attendant, l'un ou l'autre, sans qu'il s'en doute, il m'en donna déjà, ce soir-là, du plaisir ! via son fantasme dont l'évocation habita quelques intenses minutes mon imaginaire et la tiède solitude de mon réduit de toile. Qui sait s'il a pas fait pareil, en pensant à moi ?
À suivre...
Notes :
Pour voir et entendre Jaden Smith :
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